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Quand les stories réinventent l’écriture numérique

Publié le 20 février 2019 par Maxime pour Back To Mobile, Marketing

Illustration Quand les stories réinventent l’écriture numérique

Et si l’avenir de la vidéo pour support mobile passait par les stories ? De piètre qualité lorsqu’il sert une logique égotique, ce format court présente pourtant un intérêt éditorial. De Franceinfo au New York Times en passant par Le Monde, les médias sont de plus en plus nombreux à l’utiliser pour transmettre des informations. Et pourquoi pas demain les entreprises ?

Lancées en 2016 par Snapchat et popularisées par Instagram, réseau social actuellement le plus utilisé, les stories réinventent l’écriture multimédia en associant photos, sons, vidéos et animations. Un temps considéré avec dédain à cause de l’inconsistance et de la frivolité des publications de quantité d’internautes, ce format aux vidéos verticales est de plus en plus plébiscité par les journalistes qui y voient une occasion de s’adresser à un autre public que leurs cibles habituelles. « Ce qui m’intéresse avec les stories, c’est de transformer des reportages audiovisuels classiques pour les dédier à une audience qui me ressemble », expliquait Charlotte Van Breusegem lors des Rencontres francophones de la vidéo mobile, organisées à Paris le 7 février dernier.

Cette étudiante en journalisme, qui a fait de son compte Instagram un véritable laboratoire de la narration numérique, publie régulièrement des récits d’actualité originaux. « J’utilise un reportage classique que j’ai fini de monter et isole des parties de 15 secondes, poursuit-elle. Je vais ensuite rajouter du texte pour vraiment synthétiser l’histoire tout en la rendant dynamique, interactive et, à mon sens, beaucoup plus pertinente.»

L’interactivité est certainement ce qui fait la différence et la force de ce format. « Le récepteur est vraiment acteur du message et de la production journalistique qu’il consomme. Avec le tapping, il peut décider d’accélérer une story s’il a envie de passer à la suite. Si il y a un moment qu’il estime trop long, il peut passer directement à la story d’après et continuer le récit. Tandis que dans un média linéaire classique, si nous perdons l’attention du récepteur, il se déconnecte complètement et il ne voit pas la fin du récit. »

Conscients du potentiel informatif et pédagogique des stories, des médias traditionnels ont décidé de confier à des équipes ad hoc le soin d’élaborer des récits d’actualité. C’est notamment le cas de la rédaction de France TV Sport qui publie chaque jour une story. « Ça nous sert à exposer des contenus qui existent déjà par ailleurs et que nous reformatons pour qu’ils puissent s’intégrer dans des stories ou sur notre fil Instagram, explique David Botbol, directeur adjoint de la rédaction. Ça nous sert aussi à créer des contenus propres qui sont chartés avec des rubriques récurrentes. Nous nous astreignons à faire des liens depuis les panneaux vers des contenus existant ailleurs. Nous nous astreignons aussi à proposer des stories beaucoup plus spontanées sur des événements. Et là, nous sommes plutôt sur du live ou du faux live qui nous permet d’être dans l’immersion ou dans les coulisses. L’idée, c’est de raconter une histoire mais de façon très incarnée. »

Le format a bien sûr ses limites. A commencer par la durée des panneaux composant chaque story. « Ces 15 secondes. L’autre contrainte, « ce sont les algorithmes d’Instagram qui appartient à Facebook, indique Charlotte Van Breusegem. On sait qu’il y a beaucoup de vues qui sont influencées par l’algorithme qui va décider qui voit ou pas notre contenu. »


Copyright image : Capture d'écran YouTube/Vidéo Mobile
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